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Cultures du Cœur Drôme-Ardèche

La culture est une force

Passeurs de Culture 2010

      

 

 

 

MODULE 1 (23/03/2010)

 

Le premier module de la formation « Passeurs de culture », axé sur le dépassement des a priori, a permis aux 16 stagiaires d’explorer un certain nombre des préjugés susceptibles d’avoir une action réductrice dans notre perception d’une œuvre, dans l’appréciation de nos propres talents ou ceux d’autrui.

 

Le lancement d’un projet de ciné-collage mené par Stéphane Collin et Yann Milbeau du LUX  a sollicité les participants sur des capacités techniques qui sont souvent l’objet d’a priori négatifs. En dépit des inquiétudes touchant à cette maîtrise technique, le groupe s’est progressivement approprié le projet en réalisant des prises de vue qui sont des sortes d’arrêt sur image, quelquefois assez poétiques, des instants de formation.

La projection d’extraits de documentaires, toujours au cours de cette intervention du LUX, a également contribué à déconstruire les horizons d’attente — c’est-à-dire les habitudes et champs de référence qui peuvent nous fermer la possibilité d’apprécier des contenus inattendus. Par l’observation, et l’expression des ressentis, les participants ont été conduits à porter un regard plus neuf sur des fragments de films dits expérimentaux.

 

Reprenant ensuite à leur manière ce principe de déconstruction des horizons d’attente, deux comédiens de la compagnie Les Décatalogués se sont efforcés de « piéger » le groupe en se faisant passer, l’un, pour un participant à la formation, l’autre pour un chargé de mission de la DMDTS (émanation du ministère de la culture) engagé par Cultures du Cœur pour une conférence sur le rire. Cette imposture a été l’occasion d’illustrer à quel point le rapport entre théâtre et réalité se joue avant tout dans une relation vivante entre acteurs et public, plutôt que de part et d’autre de la seule frontière physique d’un devant de scène.

 

Dalila Boitaud, metteur en scène de la compagnie Uz et Coutumes, a ensuite invité les stagiaires à se dépasser eux-mêmes à travers un exercice d’expression sur la voie publique. Souvent très intimidés, ils ont du se faire violence pour le réaliser mais tous ont relevé le défi. Quelques-uns, bouleversés par cette expérience, ont découvert une manière différente de regarder les gens, d’aborder l’espace publique.

En évoquant des expériences de créations artistiques en immersion —  dans des quartiers prioritaires, des hôpitaux, des prisons —, Dalila Boitaud a également contribué à briser d’éventuels préjugés sur les capacités d’autrui dans des lieux ou conditions inattendus.

 

Les différentes interventions de la journée ont ainsi permis :

- de prendre de la distance par rapport au quotidien du travail

- délargir les champs de références dans les domaines du spectacle vivant et de l’audiovisuel

- d’explorer la frontière entre théâtre et réalité. « Ce qui fait théâtre, c’est le regard qu’on porte sur les choses » (Dalila Boitaud).

CONTACTS DES INTERVENANTS

 

-LUX, Yann Milbeau : 04 75 82 44 16 / 36 Bd du Général de Gaulle 26000  Valence / yann.milbeau@lux-valence.com

 

-Cie Les Décatalogués, Stéphanie Blache : 04 75 43 38 40/ 06 81 41 64 39 / Place de la Liberté 26500  Bourg-lès-Valence/ decatalogues@aol.com

 

-Cie Uz et coutumes, Dalila Boitaud : 05 56 25 00 17/ 06 22 51 09 16 / 4 rue Faza 33730  Uzeste / nathalie.boitaud@laposte.net

 

 

 

TÉMOIGNAGES DE STAGIAIRES

 

« Pour ce qui concerne le premier module, j'ai été obligée compte tenu de mon âge, de mes habitudes, de mon éducation , de "dépasser mes a priori" pour prendre quelques photos mais surtout participer à l'exercice d'expression dans l'espace public. Mission réussie ! »

 

« [L’intervention de Dalila Boitaud concernant ses actions en immersion] m'a fait "rêver" sur un travail partenarial. »

« Elle a semé quelques paillettes d'espoir dans mon univers professionnel morose… elle dégage une telle énergie, une telle conviction. Je suis assistante sociale, mais n'aime plus la façon dont j'exerce mon métier, poussée par les événements, les pressions.... Dalila m'a bousculée, m'a redonnée espoir, confiance. Malheureusement dès le lendemain je me suis retrouvée happée par le rythme, la misère...  »

            « Je l'ai sentie pleine d'énergie et cela donne du courage pour s'investir sur de futures actions. »

 

 

 

 

 

 

 

 

MODULE 2 (06/04/2010)

 

Le deuxième module de formation répondant au thème « S’ouvrir aux propositions artistiques » était articulé autour de deux interventions : celle de Julie Serpinet (Compagnie Songes) consacrée à la conscience du corps dans l’espace, au ressenti et à l’écoute ; et ensuite celle de Myriam Massot (Archipel Théâtre/ Comédie de Valence) présentant les étapes de création d’un texte jusqu’au plateau.

 

Julie Serpinet a tout d’abord présenté le corps  en tant que médium de l’art, permettant l’expression et le ressenti. Les 16 participants ont ainsi été invités à prendre conscience de leurs corps pour se libérer du carcan mental forgé au quotidien et entravant la liberté de découverte et d’écoute (de soi, de son corps, des autres).  Que ce soit en échauffement avec des exercices centrés sur la cage thoracique, livre anatomique à l’appui, ou en « théâtre-image » (procédé théâtral d’arrêt sur image), les 2 intervenantes ont invité les stagiaires à lire le vocabulaire des corps. Dans la même dynamique, la metteur en scène Myriam Massot a incité les participant à enlever leurs chaussures, avant d’entrer en scène, comme un moyen de s’affranchir de leur propre personnage.

 

Par le biais de 2 ateliers de pratique, les participants ont été initiés au théâtre :

- appréhension des notions de dramaturgie (début et fin de saynètes), d’espace (un acteur à part entière), et de relation entre les personnages, entre humains et marionnettes.

- découverte de moyens artistiques simples, aisément reproductibles dans leur pratique professionnelle : marionnette en papier kraft.

- Confrontation en un temps restreint aux problématiques de la création théâtrale : choix du texte, lecture à la table, choix dramaturgiques, scénographie, éclairages, sons, décors, costumes, etc. (travail de « couches successives » du metteur en scène),  autant d’éléments qui révèlent la  multiplicité d’interprétation d’un texte et ses potentialités de travail ?

 

Ces différents exercices ont permit aux stagiaires :

- de travailler sur le sensoriel, l’intellectuel et l’imaginaire

- d’aboutir à une qualité d’écoute, d’attention, de perception suscitant une lecture neuve des spectacles.

- de décloisonner les genres artistiques (Julie Serpinet a précisé qu’elle « faisait du spectacle » et non de la danse, du théâtre, ou du cinéma d’animation).

- de dépasser le « j’aime, je n’aime pas »  pour s’approprier la capacité d’analyse d’événements culturels. 

 

Cette journée a ainsi fait émerger les conditions initiales de la création : se libérer de soi, se mettre en situation de voir et d’entendre pour accéder à la créativité et l’expression artistique.

CONTACTS DES INTERVENANTS

 

-Compagnie Songes, Julie Serpinet (directrice artistique), Francine Béal (Chargée d'action culturelle) : 04 75 55 16 62 / 5 place de la République 26500 Bourg-lès-Valence/ julieserpinet@compagnie-songes.com / francinebeal@compagnie-songes.com

 

-Comédie de Valence, Julie Pradera (Chargée des relations publiques) : 04 75 78 41 71/ Place Charles Huguenel 26000 Valence/ j.pradera@comediedevalence.com

 

-Compagnie Archipel Théâtre, Myriam Massot (metteur en scène, comédienne) : 04 75 08 18 18 / 5, rue Gabriel Faure 07300 Tournon mymassot@orange.fr

 

 

TÉMOIGNAGES DE STAGIAIRES

 

Une participante a souligné l’importance de l’accompagnement des participants au cours des modules de formation dans la mesure où certaines interventions artistiques peuvent faire jaillir des émotions ; pressentant que ce sentiment de « vulnérabilité » sera également présent chez les bénéficiaires qu’elle accompagnera à des spectacles, ce suivi individualisé apparaît d’autant plus fondamental.

 

 

 

 

 

 

 

 

MODULE 3 (04/06/2010)

 

Ce troisième module de la formation « Passeurs de Culture » était partagé en deux temps : le matin, un atelier photographique animé par la plasticienne Sylvie Garraud, l’après-midi, une intervention de Myriam Biodjekian, éducatrice spécialisée et fondatrice de la Mission Insertion Musique —  service de la Sauvegarde de l’Enfance de la Drôme.

 

Sylvie Garraud a commencé par demander aux participants de noter quelques-uns des mots que leur inspirait la notion d’image photographique. Exercice à travers lequel un certain nombre de problématiques ont pu être mises à jour concernant des questions comme : Qu’est-ce qu’une image ? Qu’est-ce qu’on en attend ? Que regarde-t-on quand on regarde une photo ?

Questionnements dont Sylvie Garraud s’est servi pour revenir à la question initiale « Comment apparaît une image ? », à l’aide d’expériences ludiques (filet de lumière issu d’un orifice recueilli sur une feuille de papier calque, appareil photo sommaire dans une boîte à chaussures) illustrant le phénomène d’une image du monde véhiculée par la lumière. Sans manquer d’insister, d’ailleurs, sur le fait que ces expériences au plus près du phénomène optique pouvaient être déjà l’objet de partis pris artistiques.

Répartis ensuite par groupes, les participants ont été invités à expérimenter quelques-uns des multiples procédés et paramètres par lesquels il est possible de faire évoluer une image (temps de prise de vue, quantité et intensité de lumière, angle, etc.) Outre la découverte de résultats parfois troublants sur le plan du rapport au monde et au temps, ces expérimentations ont été l’occasion pour Sylvie Garraud d’amener les participants à découvrir les notions de processus et de démarche artistique. Soulignant alors à quel point les appareils numériques pré-configurés du commerce imposaient un formatage de notre conception de l’image, elle a pu définir la création artistique comme quelque chose s’opposant justement au formatage, un acte transgressif sans cesse porté au-delà des limites et des codes et supposant implication, prise de risque et engagement.

Cette définition a ainsi permis de mieux situer la différence entre Culture et Création, le champ culturel se caractérisant plutôt par ce dont nous sommes fait, en opposition avec un champ artistique où prévaudrait surtout la transgression.

L’intervention de Sylvie Garraud s’est achevée par une présentation de photographies puisées dans l’histoire de l’art, et de travaux personnels : occasion pour le regard de se former et de s’interroger de manière plus abstraite, sans pour autant cesser de manifester la singularité, la sensibilité et l’imaginaire de chacun.

 

 

Lors de son intervention, Myriam Biodjekian a tout d’abord défini les publics vers lesquels étaient tournée son action de la manière suivante : des personnes marginales, non repérés par les organismes sociaux, et dont la plupart sont en errance, ont des problèmes de toxicomanie. Ayant constaté que la culture avait des répercussions sur la tranquillité psychique et physique des personnes en souffrance, elle a donc créé la Mission Insertion Musique, où un accompagnement double — à la fois artistique et social — pouvait être offert aux jeunes personnes. Véritable travail d’« entremetteuse » selon elle, consistant à chercher et à utiliser le levier d’un désir personnel, et à réveiller des émotions chez des gens qui parfois font tout pour les gommer (drogue).

Compte tenu de la spécificité de ces publics, il convenait donc à la Mission Insertion Musique de se fixer une méthodologie et des objectifs particuliers :

  • « Créer un cadre qui  n’oblige pas les personnes à y rentrer ».
  • Respecter et savoir s’adapter à leur mode de vie, c’est-à-dire ne pas leur imposer des choix qu’elles rejettent mais favoriser plutôt le confort de ceux qu’elles ont fait (horaires appropriées à un public souvent noctambules, recherche de stationnement pour les publics nomades, etc.)
  • Reconstruire la confiance et l’estime de soi par la création de groupes de reconnaissance (« tribu »), par le travail artistique, l’incitation à la prise de risques, la prise au sérieux du travail et une exigence artistique valorisante.
  • Tenir les idées dépressives à distance par la création, autrement dit évacuer l’angoisse par le recours à sa symbolisation.

 

Axée sur le thème des démarches, l’objectif de cette journée était d’amener les participants à appréhender le rapport étroit qui existe entre des contraintes spécifiques (technique artistique, nature particulière d’un public) et la liberté d’action découlant de leur connaissance et de leur maîtrise.

S’approprier une démarche artistique c’est prendre conscience de ce rapport, et de l’engagement et des prises de risques qu’il suppose.

Ces démarches permettent d’éclairer la compréhension d’une œuvre ou d’être en mesure de tirer le caractère exemplaire d’une action.

 

 

CONTACTS DES INTERVENANTS

 

Sylvie Garraud,  artiste plasticienne et professeur aux Beaux-Arts de Valence : 06 81 77 29 69 / 04 75 62 22 15 /sylvie.garraud@orange.fr

 

Myriam Biodjekian, éducatrice spécialisée, fondatrice de la Mission Insertion Musique, service dépendant de la Sauvegarde de l’Enfance de la Drôme : 04 75 43 84 99 / 89, rue Robertval 26000 Valence / myriam.biodjekian@wanadoo.fr

 

 

TEMOIGNAGE DE STAGIAIRE

 

 « Je vous redis qu'il m'est très agréable et intéressant de participer à la formation ;les ateliers pratiques m'ouvrent des perspectives ; notamment, à partir du support photo, j'imagine son utilisation dans le cadre du groupe Allons'Y...! [action collective menée dans un CMS] pour montrer l'activité du groupe. J'espère pouvoir vous dire à la fin de l'année que ceci est réalisé ....! »

 

 

 

 

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